{"id":19067,"date":"2020-04-09T13:35:37","date_gmt":"2020-04-09T11:35:37","guid":{"rendered":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/controle-urssaf-les-impacts-de-la-crise-sanitaire-sur-les-delais\/"},"modified":"2022-09-19T14:47:40","modified_gmt":"2022-09-19T12:47:40","slug":"controle-urssaf-les-impacts-de-la-crise-sanitaire-sur-les-delais","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/fr\/controle-urssaf-les-impacts-de-la-crise-sanitaire-sur-les-delais\/","title":{"rendered":"Contr\u00f4le URSSAF : les impacts de la crise sanitaire sur les d\u00e9lais"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019ordonnance n\u00b02020-306 du 25 mars 2020 prorogeant les d\u00e9lais qui expirent entre le 12 mars 2020 et le 24 juin 2020 (un mois apr\u00e8s la date de cessation de l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;urgence sanitaire fix\u00e9e au 24 mai 2020) pr\u00e9voit&nbsp;:<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;que \u00ab&nbsp;<em>tout <\/em><strong><em>acte,recours<\/em><\/strong><em>, <\/em><strong><em>action en justice<\/em><\/strong><em> ou<\/em><strong><em> formalit\u00e9<\/em><\/strong><em> [\u2026]&nbsp;prescrit par la loi ou le r\u00e8glement \u00e0 peine de <\/em><em style=\"color: black;\">de nullit\u00e9, <\/em><strong style=\"color: black;\"><em>sanction<\/em><\/strong><em style=\"color: black;\">, caducit\u00e9, <\/em><strong style=\"color: black;\"><em>forclusion<\/em><\/strong><em style=\"color: black;\">, prescription, inopposabilit\u00e9, irrecevabilit\u00e9, p\u00e9remption, d\u00e9sistement d&rsquo;office, application d&rsquo;un r\u00e9gime particulier, non avenu ou d\u00e9ch\u00e9ance d&rsquo;un droit quelconque <\/em><em>et qui aurait d\u00fb \u00eatre <\/em><strong><em>accompli pendant la p\u00e9riode [comprise entre le 12 mars 2020 et l&rsquo;expiration d&rsquo;un d\u00e9lai d&rsquo;un mois \u00e0 compter de la date de cessation de l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;urgence sanitaire, soit le 24 juin 2020] <\/em><\/strong><em>sera r\u00e9put\u00e9 avoir \u00e9t\u00e9 fait \u00e0 temps s\u2019il a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9 dans un d\u00e9lai qui ne peut exc\u00e9der, \u00e0 compter de la fin de cette p\u00e9riode, le d\u00e9lai l\u00e9galement imparti pour agir, dans la limite de <\/em><strong><em>deux mois<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb (article 2).<\/p>\n<p><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;que <em>\u00ab les d\u00e9lais \u00e0 l\u2019issues desquels une d\u00e9cision, un accord ou un avis [des organismes de s\u00e9curit\u00e9 sociale] peut ou doit intervenir ou est acquis implicitement et qui n&rsquo;ont pas expir\u00e9 avant le 12 mars 2020 sont, \u00e0 cette date, <\/em><strong><em>suspendus jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de la p\u00e9riode [comprise entre le 12 mars 2020 et l&rsquo;expiration d&rsquo;un d\u00e9lai d&rsquo;un mois \u00e0 compter de la date de cessation de l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;urgence sanitaire, soit le 24 juin 2020]<\/em><\/strong><em>. Le point de d\u00e9part des d\u00e9lais de m\u00eame nature qui auraient d\u00fb commencer \u00e0 courir pendant la p\u00e9riode [ci-dessus mentionn\u00e9e] est report\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 <\/em><strong><em>l&rsquo;ach\u00e8vement de celle-ci&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong>(article 7).<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Ces dispositions soul\u00e8vent un certain nombre d\u2019interrogation en mati\u00e8re de contr\u00f4le URSSAF.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>\u00d8&nbsp;<strong>Le d\u00e9lai octroy\u00e9 au cotisant pour r\u00e9pondre \u00e0 la lettre d\u2019observations est-il prolong\u00e9&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">Le cotisant dispose d\u2019un d\u00e9lai de 30 jours pour r\u00e9pondre \u00e0 la lettre d\u2019observations. (R.243-59 du CSS).<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">Il n\u2019est, \u00e0 notre sens, pas \u00e9vident que le cotisant puisse b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une prolongation du d\u00e9lai de 30 jours pour r\u00e9pondre \u00e0 la lettre d\u2019observations, en application de l\u2019article 2 pr\u00e9cit\u00e9, d\u00e8s lors que le d\u00e9faut de r\u00e9ponse du cotisant dans ce d\u00e9lai entra\u00eene seulement la cl\u00f4ture de la p\u00e9riode contradictoire et n\u2019emp\u00eache pas le cotisant de saisir la commission de recours amiable pour contester la mise en demeure.<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">Il pourrait, cependant, \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 que l\u2019impossibilit\u00e9 pour le cotisant de faire valoir des observations compl\u00e9mentaires \u00e0 l\u2019issue de ce d\u00e9lai constitue une <em>\u00ab&nbsp;sanction&nbsp;\u00bb<\/em> au sens de l\u2019article 2 et que le d\u00e9lai doit, par cons\u00e9quent, \u00eatre prorog\u00e9 en application de l\u2019ordonnance.<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">Compte tenu du manque de clart\u00e9 du texte, en l\u2019absence d\u2019indication contraire de l\u2019Administration, il est recommand\u00e9 aux cotisants de respecter le d\u00e9lai de r\u00e9ponse r\u00e9glementaire.<\/p>\n<p><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">Rappelons, \u00e0 cet \u00e9gard, que pour les contr\u00f4les engag\u00e9s depuis le 1<sup>er<\/sup> janvier 2020, le d\u00e9lai de r\u00e9ponse peut \u00eatre port\u00e9 \u00e0 60 jours sur demande du cotisant, \u00e0 condition que cette demande soit re\u00e7ue par l\u2019URSSAF avant l\u2019expiration du d\u00e9lai initial<strong> (<\/strong>L.243-7-1 A du CSS).<\/p>\n<p><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">\u00d8&nbsp;<strong>Le d\u00e9lai de saisine de la Commission de recours amiable pour contester la mise en demeure est-il rallong\u00e9 ?<\/strong><\/p>\n<p><\/p>\n<p>La Commission de recours amiable doit, en principe, \u00eatre saisie dans un d\u00e9lai de deux mois \u00e0 compter de la notification de la mise en demeure, sous peine d\u2019irrecevabilit\u00e9 (R.142-1-A CSS).<\/p>\n<p><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">En application de l\u2019article 2 pr\u00e9cit\u00e9, pour les mises en demeure dont la date limite de saisine de la Commission de recours amiable est post\u00e9rieure au 12 mars 2020, elle devrait, en th\u00e9orie, pouvoir \u00eatre saisie jusqu\u2019au <strong>24 ao\u00fbt 2020<\/strong>.<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">Compte tenu du manque de recul sur ces textes, et pour \u00e9viter de rallonger excessivement une proc\u00e9dure d\u00e9j\u00e0 longue, nous conseillons n\u00e9anmoins au cotisant de respecter, dans la mesure du possible, le d\u00e9lai de saisine de 2 mois.<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">\u00d8&nbsp;<strong>Le d\u00e9lai de 2 mois \u00e0 l\u2019issue duquel la Commission de recours amiable est consid\u00e9r\u00e9e avoir rendu une d\u00e9cision implicite de rejet est-il prorog\u00e9&nbsp;? <\/strong><\/p>\n<p><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">La Commission de recours amiable dispose, en principe, d\u2019un d\u00e9lai de deux mois pour rendre sa d\u00e9cision.<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">A d\u00e9faut de d\u00e9cision dans le d\u00e9lai de deux mois, le requ\u00e9rant peut consid\u00e9rer sa demande comme rejet\u00e9e (R.142-6 du CSS) et saisir, dans un nouveau d\u00e9lai de deux mois, le Tribunal judiciaire d\u2019un recours visant \u00e0 contester la d\u00e9cision implicite de rejet de la Commission.<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><span style=\"color: black;\">Cependant, en application de l\u2019article 7 pr\u00e9cit\u00e9 de l\u2019ordonnance, si le d\u00e9lai de deux mois n\u2019a pas expir\u00e9 avant le 12 mars 2020, il doit, en principe, \u00eatre suspendu jusqu\u2019au 24 juin 2020 et reprendre son cours \u00e0 compter de cette date. <\/span><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><span style=\"color: black;\">Pour les saisines adress\u00e9es \u00e0 la Commission de recours amiable entre le 12 mars 2020 le 24 juin 2020, cette derni\u00e8re disposerait d\u2019un d\u00e9lai de deux mois \u00e0 compter du 24 juin 2020, soit jusqu\u2019au 24 ao\u00fbt 2020, avant qu\u2019une d\u00e9cision implicite de rejet ne soit acquise et puisse faire l\u2019objet d\u2019un recours devant le Tribunal judiciaire.<\/span><\/p>\n<p><\/p>\n<p>\u00d8&nbsp;<strong>Le d\u00e9lai de saisine du P\u00f4le social du Tribunal judiciaire est-il rallong\u00e9 ?<\/strong><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">Le d\u00e9lai de recours devant le P\u00f4le social du Tribunal judiciaire est en principe de 2 mois \u00e0 compter&nbsp;:<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;soit de la notification de la d\u00e9cision de la Commission de recours amiable,<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;soit de l\u2019expiration du d\u00e9lai de 2 mois \u00e0 l\u2019issue duquel le cotisant peut consid\u00e9rer sa demande comme rejet\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">Conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 2 de l\u2019ordonnance, les saisines du P\u00f4le social devant \u00eatre effectu\u00e9es entre le 12 mars 2020 et le 24 juin 2020 pour contester une d\u00e9cision de la Commission de recours amiable devraient, en principe, pouvoir \u00eatre effectu\u00e9es jusqu\u2019au 24 ao\u00fbt 2020, sans que le cotisant ne soit forclos \u00e0 agir.<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019ordonnance n\u00b02020-306 du 25 mars 2020 prorogeant les d\u00e9lais qui expirent entre le 12 mars 2020 et le 24 juin 2020 pose un certain nombre d\u2019interrogations en mati\u00e8re de contr\u00f4le URSSAF..<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":19065,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_seopress_analysis_target_kw":"","footnotes":""},"categories":[31],"tags":[],"class_list":["post-19067","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualites-en-droit-social"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19067","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=19067"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19067\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/19065"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=19067"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=19067"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=19067"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}