{"id":19126,"date":"2020-05-04T09:05:21","date_gmt":"2020-05-04T07:05:21","guid":{"rendered":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/organiser-la-reprise-13-faire-face-a-une-alerte-du-cse\/"},"modified":"2022-09-19T14:47:49","modified_gmt":"2022-09-19T12:47:49","slug":"organiser-la-reprise-13-faire-face-a-une-alerte-du-cse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/fr\/organiser-la-reprise-13-faire-face-a-une-alerte-du-cse\/","title":{"rendered":"Organiser la reprise (13) : faire face \u00e0 une alerte du CSE"},"content":{"rendered":"<p class=\"ql-align-center\"><strong>Organiser la reprise (13)\u00a0: faire face \u00e0 une alerte du CSE <\/strong><\/p>\n<p class=\"ql-align-center\"><em>Par Mathieu ROSSEZ, Avocat, MGG Voltaire<\/em><\/p>\n<p class=\"ql-align-center\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">M\u00eame en tentant de veiller \u00e0 ce que la reprise des salari\u00e9s se fasse dans des conditions les plus sures possibles et les plus respectueuses des recommandations gouvernementales, le risque de contamination au Covid-19 sera toujours pr\u00e9sent et pourrait se mat\u00e9rialiser dans l\u2019entreprise.<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">Dans ce cadre, ind\u00e9pendamment de l\u2019exercice du droit de retrait qui pourrait \u00eatre exerc\u00e9 individuellement par chaque salari\u00e9, les membres du CSE peuvent \u00e9galement \u00e9mettre une alerte, notamment au titre du danger grave et imminent.<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><strong>1.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0Emission d\u2019une alerte<\/strong><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">Ce droit d\u2019alerte en cas de danger grave et imminent est ouvert aux membres de tous les CSE, y compris ceux des entreprises de moins de 50 salari\u00e9s (C. trav., art. L. 2312-5, al. 3 et C. trav., art. L. 2312-60). \u00c0 ce titre, le pouvoir d\u2019alerte appartient \u00e0 chacun des repr\u00e9sentants du personnel au CSE, et non au CSE en lui-m\u00eame, de sorte que <strong>l\u2019expression de l\u2019alerte n\u2019implique aucune r\u00e9union pr\u00e9alable de l\u2019instance.<\/strong><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">En l\u2019absence d\u2019une d\u00e9finition l\u00e9gale ou r\u00e8glementaire du \u00ab danger grave et imminent \u00bb, l\u2019administration a eu l\u2019occasion de d\u00e9finir comme grave <em>\u00ab tout danger susceptible de produire un accident ou une maladie entra\u00eenant la mort ou paraissant devoir entra\u00eener une incapacit\u00e9 permanente ou temporaire prolong\u00e9e \u00bb<\/em>. L\u2019imminence, quant \u00e0 elle, concerne le <em>\u00ab danger susceptible de se r\u00e9aliser brusquement dans un d\u00e9lai proche \u00bb<\/em> (Circ. DRT n\u00b0 93-15, 25 mars 1993).<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">En d\u00e9pit de ce contexte d\u2019urgence, le signalement doit, en principe, \u00eatre obligatoirement consign\u00e9 par \u00e9crit dans un registre sp\u00e9cial aux pages num\u00e9rot\u00e9es et authentifi\u00e9es par le tampon du comit\u00e9 (C. trav., art. L. 4132-2 et C. trav., art. D. 4132-1). Il doit d\u00e9crire les postes de travail concern\u00e9s, la nature et la cause du danger, le nom des salari\u00e9s expos\u00e9s (C. trav., art. D. 4132-1). Chaque comit\u00e9 doit disposer de son propre registre (Circ. DRT n\u00b0 93-15, 25 mars 1993). <\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">D\u00e8s l\u2019instant o\u00f9 il re\u00e7oit le signalement d\u2019un repr\u00e9sentant du personnel au CSE sur un danger grave et imminent, <strong>l\u2019employeur doit proc\u00e9der, sans d\u00e9lai, \u00e0 une enqu\u00eate<\/strong> avec ce dernier (C. trav., art. L. 4132-2, al. 2). <\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">\u00c0 ce stade, l\u2019employeur ne dispose d\u2019aucun pouvoir d\u2019appr\u00e9ciation du bien-fond\u00e9 de l\u2019alerte ou de la pertinence d\u2019une enqu\u00eate et doit n\u00e9cessairement proc\u00e9der \u00e0 cette derni\u00e8re (CA Riom, 23 f\u00e9vr. 2010, n\u00b0 09\/00595). Il doit, par ailleurs, prendre <strong>toutes les mesures conservatoires qui s\u2019imposeraient<\/strong> pour permettre la mise en s\u00e9curit\u00e9 des salari\u00e9s (C. trav., art. L. 4132-5).<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><strong>2.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0R\u00e9alisation d\u2019une enqu\u00eate<\/strong><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">L\u2019enqu\u00eate, qui n\u2019ob\u00e9it en elle-m\u00eame \u00e0 aucun formalisme particulier, doit <em>a priori<\/em> \u00eatre men\u00e9e de mani\u00e8re \u00e0 d\u00e9finir les mesures permettant d\u2019apurer le danger et de r\u00e9tablir une situation de travail sans p\u00e9ril.<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">Le temps consacr\u00e9 par le repr\u00e9sentant du personnel \u00e0 l\u2019enqu\u00eate et \u00e0 la recherche de mesures pr\u00e9ventives devra \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme du temps de travail effectif et r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 comme tel, avec les majorations pour heures suppl\u00e9mentaires le cas \u00e9ch\u00e9ant, sans s\u2019imputer sur le cr\u00e9dit d\u2019heures de d\u00e9l\u00e9gation (C. trav., art. L. 2315-11, 1\u00b0).<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">De m\u00eame, \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019enqu\u00eate, le repr\u00e9sentant du personnel peut naturellement \u00eatre amen\u00e9 \u00e0 exposer des frais, qui devront en principe \u00eatre pris en charge par l\u2019employeur. En effet, la Cour de cassation a jug\u00e9, \u00e0 propos du CHSCT, que l\u2019employeur est tenu de rembourser les frais de d\u00e9placement engag\u00e9s par un repr\u00e9sentant auquel il a refus\u00e9 de fournir un v\u00e9hicule pour se rendre sur les lieux o\u00f9 lui a \u00e9t\u00e9 signal\u00e9e l\u2019existence d\u2019un danger imminent (Cass. soc., 10 oct. 1989, n\u00b0 86-44.112). <\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">Au terme de l\u2019enqu\u00eate<strong>, il incombe \u00e0 l\u2019employeur de prendre les dispositions n\u00e9cessaires pour rem\u00e9dier \u00e0 la situation de danger<\/strong> (C. trav., art. L. 4132-2, al. 2). <\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><strong>3.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0Traitement de la situation<\/strong><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">La plus grande attention doit \u00eatre apport\u00e9e aux mesures de traitement de la situation. En effet, <strong>le b\u00e9n\u00e9fice de la faute inexcusable est de droit pour le ou les travailleurs qui seraient victimes d&rsquo;un accident du travail ou d&rsquo;une maladie professionnelle alors qu&rsquo;un repr\u00e9sentant du personnel du CSE avait signal\u00e9 \u00e0 l&#8217;employeur le risque<\/strong>, qui s&rsquo;est mat\u00e9rialis\u00e9 (C. trav., art. L. 4131-4). <\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">En tout \u00e9tat de cause, compte-tenu de l\u2019obligation de s\u00e9curit\u00e9 de r\u00e9sultat qui p\u00e8se sur l\u2019employeur, sa responsabilit\u00e9 pourrait se trouver engag\u00e9e, en l\u2019absence de r\u00e9action ou en cas de r\u00e9action insuffisante, ind\u00e9pendamment de la r\u00e9alisation ou non du risque. C\u2019est ce qu\u2019a rappel\u00e9 r\u00e9cemment la Cour de cassation s\u2019agissant du signalement d\u2019un harc\u00e8lement moral (Cass. soc., 27 nov. 2019, n\u00b0 18-10.551).<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">Une fois l\u2019enqu\u00eate achev\u00e9e, une divergence d\u2019appr\u00e9ciation peut persister entre l\u2019employeur et le CSE sur la r\u00e9alit\u00e9 du danger ou la fa\u00e7on de le faire cesser. En ce cas, le CSE doit \u00eatre r\u00e9uni d&rsquo;urgence, dans un d\u00e9lai n&rsquo;exc\u00e9dant pas 24 heures (C. trav., art. L. 4132-3, al. 1).<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">L&#8217;employeur doit \u00e9galement en informer imm\u00e9diatement l&rsquo;inspection du travail et l&rsquo;agent du service de pr\u00e9vention de la caisse r\u00e9gionale d\u2019assurance maladie, qui peuvent assister \u00e0 la r\u00e9union du CSE (C. trav., art. L. 4132-3, al. 2).<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">A d\u00e9faut d&rsquo;accord entre l&#8217;employeur et la majorit\u00e9 du CSE sur les mesures \u00e0 prendre et leurs conditions d&rsquo;ex\u00e9cution, l&rsquo;inspecteur du travail doit \u00eatre saisi imm\u00e9diatement par l&#8217;employeur (C. trav., art. L. 4132-4). Ce dernier dispose alors de deux possibilit\u00e9s. Il peut soit remettre un rapport au Direccte afin que celui-ci mette en demeure l\u2019employeur de mettre en \u0153uvre toutes les mesures qu\u2019il estime utile (C. trav., art. L. 4721-1), soit saisir le juge des r\u00e9f\u00e9r\u00e9s (C. trav., art. L. 4732-1).<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">Dans cette hypoth\u00e8se, le juge des r\u00e9f\u00e9r\u00e9s peut ordonner toutes mesures propres \u00e0 faire cesser le danger, telles que la mise hors service, l\u2019immobilisation et la saisie des mat\u00e9riels, machines, dispositifs ou produits. Le juge peut \u00e9galement ordonner la fermeture temporaire d\u2019un \u00e9tablissement. L\u2019ex\u00e9cution de ces mesures peut \u00eatre assortie d\u2019une astreinte au profit du Tr\u00e9sor public.<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Organiser la reprise (13)\u00a0: faire face \u00e0 une alerte du CSE <\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":19124,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[31],"tags":[],"class_list":["post-19126","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualites-en-droit-social"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19126","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=19126"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19126\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/19124"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=19126"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=19126"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=19126"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}