{"id":19942,"date":"2021-06-29T10:14:26","date_gmt":"2021-06-29T08:14:26","guid":{"rendered":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/pouvoir-disciplinaire-attention-a-la-connaissance-des-faits-fautifs-par-la-ou-le-superieure-hierarchique\/"},"modified":"2022-09-19T14:49:27","modified_gmt":"2022-09-19T12:49:27","slug":"pouvoir-disciplinaire-attention-a-la-connaissance-des-faits-fautifs-par-la-ou-le-superieure-hierarchique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/fr\/pouvoir-disciplinaire-attention-a-la-connaissance-des-faits-fautifs-par-la-ou-le-superieure-hierarchique\/","title":{"rendered":"Pouvoir disciplinaire : attention \u00e0 la connaissance des faits fautifs par la ou le sup\u00e9rieur(e) hi\u00e9rarchique !"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019article L. 1332-4 du Code du travail dispose qu\u2019 <em style=\"color: rgb(60, 60, 60);\">\u00ab\u00a0aucun fait fautif ne peut donner lieu \u00e0 lui seul \u00e0 l&rsquo;engagement de poursuites disciplinaires au-del\u00e0 d&rsquo;un d\u00e9lai de deux mois \u00e0 compter du jour o\u00f9 <u>l&#8217;employeur <\/u>en a eu connaissance\u00a0\u00bb. <\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p>Aux termes de deux arr\u00eats rendus le 23 juin 2021, la Cour de cassation est venue pr\u00e9ciser que \u00ab\u00a0l\u2019employeur\u00a0\u00bb vis\u00e9 par ce texte devait \u00e9galement s\u2019entendre du sup\u00e9rieur hi\u00e9rarchique du salari\u00e9, m\u00eame non titulaire du pouvoir disciplinaire\u00a0: <\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><em style=\"color: black;\">\u00ab\u00a0L\u2019employeur, au sens de ce texte, s\u2019entend non seulement du titulaire du pouvoir disciplinaire mais \u00e9galement du sup\u00e9rieur hi\u00e9rarchique du salari\u00e9, m\u00eame non titulaire de ce pouvoir\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p>Cette conception large de la notion d\u2019employeur appelle \u00e0 la plus grande vigilance, tant ses cons\u00e9quences pratiques peuvent \u00eatre importantes pour l\u2019employeur. <\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Les deux arr\u00eats comment\u00e9s l\u2019illustrent parfaitement. <\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Dans la premi\u00e8re esp\u00e8ce, a ainsi \u00e9t\u00e9 retenue la <strong>prescription des faits fautifs<\/strong>, qui avaient \u00e9t\u00e9 port\u00e9s \u00e0 la connaissance du sup\u00e9rieur hi\u00e9rarchique du salari\u00e9 sanctionn\u00e9 plus de deux mois avant sa convocation \u00e0 entretien pr\u00e9alable. <\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>L\u2019employeur faisait pourtant valoir que ce dernier ne disposait d\u2019aucun pouvoir disciplinaire \u00e0 l\u2019\u00e9gard du salari\u00e9\u00a0: <\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><em style=\"color: black;\">\u00ab\u00a0Pour \u00e9carter le moyen tir\u00e9 de la prescription du fait fautif, l\u2019arr\u00eat retient que la convocation du salari\u00e9 \u00e0 l\u2019entretien pr\u00e9alable \u00e0 la date du 7 juin 2012 a interrompu le d\u00e9lai de prescription. Il ajoute que, contrairement \u00e0 ce que soutient le salari\u00e9, la soci\u00e9t\u00e9 a \u00e9t\u00e9 inform\u00e9e des faits de d\u00e9nigrements qui lui sont reproch\u00e9s, survenus le 6 avril 2012, le 17 avril suivant lorsque M.\u00a0[X], formateur, qui ne disposait d\u2019aucun pouvoir disciplinaire \u00e0 l\u2019\u00e9gard du salari\u00e9, a transmis son rapport sur ces \u00e9v\u00e9nements \u00e0 la direction de la soci\u00e9t\u00e9. Il en d\u00e9duit que la soci\u00e9t\u00e9 a eu connaissance des faits qu\u2019elle entend reprocher \u00e0 son salari\u00e9 moins de deux mois avant l\u2019engagement de la proc\u00e9dure de licenciement intervenue le 7 juin 2012, de sorte qu\u2019ils ne sont pas frapp\u00e9s de prescription et peuvent valablement \u00eatre invoqu\u00e9s au soutien du licenciement sans qu\u2019il ne soit n\u00e9cessaire de r\u00e9pondre au moyen tendant \u00e0 contester leur r\u00e9it\u00e9ration s\u2019ils \u00e9taient jug\u00e9s prescrits\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p><span style=\"color: black;\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: black;\">Cet argumentaire n\u2019a toutefois pas \u00e9t\u00e9 suivi. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: black;\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: black;\">De m\u00eame, dans la seconde esp\u00e8ce, un salari\u00e9 avait fait l\u2019objet le 4 janvier 2013 d\u2019un avertissement en raison d\u2019absences injustifi\u00e9es et de n\u00e9gligences constat\u00e9es en octobre et novembre 2012. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: black;\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: black;\">Il avait par suite \u00e9t\u00e9 licenci\u00e9 pour faute grave, pour d\u2019autres faits commis le 30 d\u00e9cembre 2012, le 18 janvier 2013. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: black;\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: black;\">Le salari\u00e9 contestait la mesure de licenciement prononc\u00e9e au motif que l\u2019employeur avait \u00e9puis\u00e9 son pouvoir disciplinaire en notifiant un avertissement le 4 janvier 2013. Il faisait en effet valoir que sa sup\u00e9rieure hi\u00e9rarchique \u00e9tait inform\u00e9e des faits ayant motiv\u00e9 le licenciement d\u00e8s le 31 d\u00e9cembre 2012 (soit ant\u00e9rieurement \u00e0 la notification de l\u2019avertissement), et rappelait le principe d\u00e9sormais bien \u00e9tabli selon lequel lorsque l\u2019employeur, inform\u00e9 de diff\u00e9rents faits consid\u00e9r\u00e9s comme fautifs, choisit de n\u2019en sanctionner que certains, il ne peut plus prononcer ult\u00e9rieurement une nouvelle mesure disciplinaire pour sanctionner les autres faits connus et ant\u00e9rieurs \u00e0 la premi\u00e8re sanction. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: black;\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: black;\">Son argumentaire est retenu par la Cour de cassation, qui censure l\u2019arr\u00eat de la Cour d\u2019appel ayant jug\u00e9 que le licenciement \u00e9tait justifi\u00e9\u00a0: <\/span><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Vu l\u2019article L. 1331-1 du code du travail\u00a0:<\/em><\/p>\n<p><\/p>\n<p><em> 6. Il r\u00e9sulte de ce texte que l\u2019employeur qui, ayant connaissance de divers faits commis par le salari\u00e9, consid\u00e9r\u00e9s par lui comme fautifs, choisit de n\u2019en sanctionner que certains, ne peut plus ult\u00e9rieurement prononcer une nouvelle mesure disciplinaire pour sanctionner les autres faits ant\u00e9rieurs \u00e0 la premi\u00e8re sanction.<\/em><\/p>\n<p><\/p>\n<p><em> 7. L\u2019employeur, au sens de ce texte, s\u2019entend non seulement du titulaire du pouvoir disciplinaire mais \u00e9galement du sup\u00e9rieur hi\u00e9rarchique du salari\u00e9, m\u00eame non titulaire de ce pouvoir.<\/em><\/p>\n<p><\/p>\n<p><em> 8. Pour juger que l\u2019employeur n\u2019avait pas \u00e9puis\u00e9 son pouvoir disciplinaire en notifiant un avertissement le 4 janvier 2013, l\u2019arr\u00eat retient que l\u2019infirmi\u00e8re coordinatrice, avis\u00e9e le 31 d\u00e9cembre 2012 des faits \u00e0 l\u2019origine du licenciement, n\u2019avait pr\u00e9venu la direction que le 15 janvier 2013.<\/em><\/p>\n<p><\/p>\n<p><em> 9. En statuant ainsi, alors qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas contest\u00e9 que l\u2019infirmi\u00e8re coordinatrice \u00e9tait la sup\u00e9rieure hi\u00e9rarchique du salari\u00e9, la cour d\u2019appel a viol\u00e9 le texte susvis\u00e9\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.courdecassation.fr\/jurisprudence_2\/chambre_sociale_576\/805_23_47381.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.courdecassation.fr\/jurisprudence_2\/chambre_sociale_576\/805_23_47381.html<\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.courdecassation.fr\/jurisprudence_2\/chambre_sociale_576\/803_23_47378.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.courdecassation.fr\/jurisprudence_2\/chambre_sociale_576\/803_23_47378.html<\/a><\/p>\n<p><\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pouvoir disciplinaire : attention \u00e0 la connaissance des faits fautifs par la ou le sup\u00e9rieur(e) hi\u00e9rarchique !<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":19940,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[31],"tags":[],"class_list":["post-19942","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualites-en-droit-social"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19942","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=19942"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19942\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/19940"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=19942"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=19942"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=19942"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}