{"id":20096,"date":"2021-10-04T10:00:32","date_gmt":"2021-10-04T08:00:32","guid":{"rendered":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/application-de-labondement-correctif-du-cpf-au-1er-octobre-nest-il-pas-urgent-dattendre\/"},"modified":"2022-09-19T14:49:45","modified_gmt":"2022-09-19T12:49:45","slug":"application-de-labondement-correctif-du-cpf-au-1er-octobre-nest-il-pas-urgent-dattendre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/fr\/application-de-labondement-correctif-du-cpf-au-1er-octobre-nest-il-pas-urgent-dattendre\/","title":{"rendered":"Application de l\u2019abondement correctif du CPF au 1er octobre : n\u2019est-il pas urgent d\u2019attendre ?"},"content":{"rendered":"<p class=\"ql-align-center\"><em>Louise PEUGNY, MGG VOLTAIRE&nbsp;<\/em><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">Compte tenu de la crise sanitaire li\u00e9e \u00e0 la Covid-19, les \u00e9ch\u00e9ances li\u00e9es \u00e0 l\u2019entretien professionnel ont \u00e9t\u00e9 report\u00e9es une premi\u00e8re fois au 1<sup>er<\/sup> janvier 2021 par l\u2019ordonnance n\u00b0 2020-387 du 1<sup>er<\/sup> avril 2020 pour faire face aux cons\u00e9quences \u00e9conomiques, financi\u00e8res et sociales de la propagation du Covid-19. Concr\u00e8tement, les entretiens d\u2019\u00e9tat des lieux (\u00ab&nbsp;bilan \u00e0 6 ans&nbsp;\u00bb) pr\u00e9vus en 2020 pouvaient avoir lieu jusqu\u2019au 31 d\u00e9cembre 2020 sans d\u00e9clencher l\u2019obligation d\u2019abonder le CPF au cours de l\u2019ann\u00e9e 2020. <\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">&nbsp;<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">Au regard de la reprise \u00e9pid\u00e9mique et des mesures sanitaires prises en cons\u00e9quence, ce report a \u00e9t\u00e9 prolong\u00e9 par une nouvelle ordonnance n\u00b0 2020-1501 du 2 d\u00e9cembre 2020, puis par la loi n\u00b0 2021-689 du 31 mai 2021. En substance, ces dispositions ont pr\u00e9vu que&nbsp;: <\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li class=\"ql-align-justify\">Les entretiens initialement pr\u00e9vus au cours de l\u2019ann\u00e9e 2020 et au cours du premier semestre 2021 peuvent avoir lieu jusqu\u2019au 30 juin 2021&nbsp;;<\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<ul>\n<li class=\"ql-align-justify\">Les mesures relatives aux sanctions qui pourraient \u00eatre appliqu\u00e9es aux entreprises en cas de non r\u00e9alisation de ces entretiens sont report\u00e9es jusqu\u2019au 30 septembre 2021&nbsp;;<\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<ul>\n<li class=\"ql-align-justify\">Les abondements au titre des entretiens d\u2019\u00e9tat des lieux r\u00e9alis\u00e9s pendant cette p\u00e9riode ne seront dus qu\u2019\u00e0 partir du 1<sup>er<\/sup> octobre 2021, dans les cas o\u00f9 les obligations de l\u2019employeur n\u2019auraient pas \u00e9t\u00e9 respect\u00e9es \u00e0 cette date (pour les entretiens d\u2019\u00e9tat des lieux qui n\u2019ont pas pu avoir lieu avant le 30 juin 2021, l\u2019employeur a donc jusqu\u2019au 30 septembre 2021 pour r\u00e9aliser lesdits entretiens sans encourir de sanction)&nbsp;;<\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<ul>\n<li class=\"ql-align-justify\">Est \u00e9galement diff\u00e9r\u00e9e au 30 septembre 2021 la mesure transitoire pr\u00e9vue par la loi modifi\u00e9e du 5 septembre 2018 pour la libert\u00e9 de choisir son avenir professionnel, qui permet \u00e0 l&#8217;employeur de satisfaire \u00e0 ses obligations en se r\u00e9f\u00e9rant, soit aux dispositions en vigueur au 31 d\u00e9cembre 2018, soit \u00e0 celles issues de la loi du 5 septembre 2018.<\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"ql-align-justify\">&nbsp;<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">Aucun autre report n\u2019est <em>a priori<\/em> pr\u00e9vu. Le Gouvernement n\u2019a en effet absolument pas laiss\u00e9 entendre qu\u2019un \u00e9ni\u00e8me report pourrait \u00eatre accord\u00e9 aux entreprises pour se mettre en conformit\u00e9. <\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">&nbsp;<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">Le temps de l\u2019abondement correctif est donc arriv\u00e9.<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">&nbsp;<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">Dans son questions\/r\u00e9ponses consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019entretien professionnel, diffus\u00e9 au mois de mai 2020 et mis \u00e0 jour le 21 juin 2021, le minist\u00e8re du Travail pr\u00e9cise que l\u2019abondement correctif rel\u00e8ve de l\u2019employeur qui doit spontan\u00e9ment abonder le CPF du salari\u00e9.<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">&nbsp;<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">Pour autant, les entreprises qui ne seraient pas en r\u00e8gle doivent-elles d\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent abonder le CPF de leurs salari\u00e9s&nbsp;? <\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">&nbsp;<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">Le questions-r\u00e9ponses du minist\u00e8re ne permet pas de r\u00e9pondre \u00e0 toutes les probl\u00e9matiques que suscite le dispositif.<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">&nbsp;<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">La loi est par exemple muette sur le cas des salari\u00e9s ayant quitt\u00e9 l\u2019entreprise. Il est permis de penser que le d\u00e9part du salari\u00e9 de l\u2019entreprise ne fait pas obstacle \u00e0 ce que l\u2019employeur abonde le CPF en cas de non-respect des obligations li\u00e9es \u00e0 l\u2019entretien professionnel dans la mesure o\u00f9 le CPF suit le salari\u00e9 tout au long de sa carri\u00e8re professionnelle.<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">&nbsp;<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">Une difficult\u00e9 se pose n\u00e9anmoins lorsque le salari\u00e9 quitte l\u2019entreprise au cours d\u2019un cycle de six ans puisque l\u2019abondement correctif a vocation \u00e0 se d\u00e9clencher lorsque le salari\u00e9 n&rsquo;a pas b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 des entretiens pr\u00e9vus et d&rsquo;au moins une formation autre qu\u2019une formation obligatoire au cours des six derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">&nbsp;<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">Le nouvel employeur pourrait \u00eatre tenu d\u2019abonder le CPF du salari\u00e9 :<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li class=\"ql-align-justify\">si le contrat de travail de ce dernier a \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9 en application de l\u2019article L. 1224-1 du Code du travail. Rappelons en effet qu\u2019en cas de transfert l\u00e9gal du contrat de travail, le nouvel employeur est tenu, \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des salari\u00e9s dont les contrats de travail subsistent, aux obligations qui incombaient \u00e0 l&rsquo;ancien employeur \u00e0 la date de la modification (article L. 1224-2 du Code du travail ;<\/li>\n<li class=\"ql-align-justify\">en cas de mutation intra-groupe, s\u2019il est \u00e9tabli que l\u2019intention des parties \u00e9tait de c\u00e9der le contrat de travail initial et les obligations aff\u00e9rentes \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019accueil pour en assurer la poursuite.<\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"ql-align-justify\">&nbsp;<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">La r\u00e9ponse est en revanche plus incertaine en-dehors de ces deux cas.<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">&nbsp;<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">En l\u2019absence de toute disposition l\u00e9gale fondant le transfert de ces obligations d\u2019un employeur \u00e0 un autre (en-dehors de l\u2019article L. 1224-2 susvis\u00e9 du Code du travail), il para\u00eet compliqu\u00e9 d\u2019imposer au nouvel employeur d\u2019abonder le CPF du salari\u00e9 si le non-respect des entretiens biennaux est imputable au pr\u00e9c\u00e9dent employeur.<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">&nbsp;<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">Sauf \u00e0 ce que cette difficult\u00e9 soit ult\u00e9rieurement lev\u00e9e par le l\u00e9gislateur, il pourrait \u00eatre soutenu que l\u2019abondement correctif n\u2019a vocation \u00e0 intervenir que si le salari\u00e9 a travaill\u00e9 au moins six ans au sein de la m\u00eame entreprise.<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">&nbsp;<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">A d\u00e9faut, le salari\u00e9 ayant quitt\u00e9 l\u2019entreprise avant la fin du cycle de 6 ans pourrait seulement solliciter la condamnation de son employeur \u00e0 lui verser des dommages et int\u00e9r\u00eats en r\u00e9paration du pr\u00e9judice caus\u00e9 par l\u2019absence d\u2019entretien professionnel biennal.<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">&nbsp;<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">Il serait opportun que l\u2019administration clarifie rapidement cette probl\u00e9matique.<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">&nbsp;<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">D\u2019autres interrogations concernent plus sp\u00e9cifiquement le contr\u00f4le du respect des obligations li\u00e9s \u00e0 l\u2019entretien professionnel par l\u2019administration. <\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">&nbsp;<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">La proc\u00e9dure de contr\u00f4le pr\u00e9voit une mise en demeure de versement dans le respect du d\u00e9bat contradictoire (article L. 6323-13 du Code du travail). Les textes ne pr\u00e9cisent pas si les agents de contr\u00f4le peuvent tenir compte de la bonne foi de l\u2019employeur ou des \u00e9ventuels motifs de d\u00e9faillance dont il pourrait justifier (\u00e0 l\u2019instar du dispositif de p\u00e9nalit\u00e9 financi\u00e8re applicable en mati\u00e8re d\u2019\u00e9galit\u00e9 professionnelle entre les femmes et les hommes). Dans le cadre de cette proc\u00e9dure contradictoire, l\u2019employeur ne pourrait-il pas mettre en avant le fait&nbsp;:<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li class=\"ql-align-justify\">que de nombreux entretiens ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s en 2019 et 2020 (m\u00eame si la p\u00e9riodicit\u00e9 des deux ans n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 respect\u00e9e)&nbsp;ou que les salari\u00e9s ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 chaque ann\u00e9e d\u2019un entretien d\u2019\u00e9valuation au cours duquel leurs perspectives d\u2019\u00e9volution professionnelle ont \u00e9t\u00e9 abord\u00e9es&nbsp;;<\/li>\n<li class=\"ql-align-justify\">que les bilans \u00e0 6 ans ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9s (m\u00eame si certains font appara\u00eetre que les entretiens biennaux n\u2019ont pas tous \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s)&nbsp;?<\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"ql-align-justify\">&nbsp;<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">Face \u00e0 ces questionnements, les entreprises n\u2019auraient-elles finalement pas int\u00e9r\u00eat \u00e0 attendre des pr\u00e9cisions compl\u00e9mentaires sur l\u2019application du dispositif&nbsp;avant d\u2019abonder les CPF&nbsp;? <\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">&nbsp;<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">On rappellera qu\u2019aux termes de l\u2019article L. 6323-13 du Code du travail, \u00ab&nbsp;<em>Dans le cadre des contr\u00f4les men\u00e9s par les agents mentionn\u00e9s \u00e0 l&rsquo;article L. 6361-5, lorsque l&rsquo;entreprise n&rsquo;a pas op\u00e9r\u00e9 le versement pr\u00e9vu au premier alin\u00e9a du pr\u00e9sent article ou a op\u00e9r\u00e9 un versement insuffisant, elle est mise en demeure de proc\u00e9der au versement de l&rsquo;insuffisance constat\u00e9e dans le respect de la proc\u00e9dure contradictoire mentionn\u00e9e \u00e0 l&rsquo;article L. 6362-10. A d\u00e9faut, l&rsquo;entreprise verse au Tr\u00e9sor public un montant \u00e9quivalent \u00e0 l&rsquo;insuffisance constat\u00e9e major\u00e9e de 100 %&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">&nbsp;<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">Il d\u00e9coule de ce texte qu\u2019une fois le contr\u00f4le effectu\u00e9, l\u2019entreprise est mise en demeure de proc\u00e9der au versement de l\u2019insuffisance constat\u00e9e si elle a manqu\u00e9 \u00e0 ses obligations. En d\u2019autres termes, le texte lui permet d\u2019op\u00e9rer le versement sans majoration \u00e0 la suite du contr\u00f4le et ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 d\u00e9faut de se conformer \u00e0 cette injonction qu\u2019elle devra verser au Tr\u00e9sor public un montant \u00e9quivalent \u00e0 l\u2019insuffisance constat\u00e9e major\u00e9e de 100 % (\u00e9tant pr\u00e9cis\u00e9 que dans cette derni\u00e8re hypoth\u00e8se, la question se pose de savoir si le CPF du salari\u00e9 est abond\u00e9 ou non). <\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">&nbsp;<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">M\u00eame apr\u00e8s mise en demeure, l\u2019entreprise retardataire pourra donc toujours abonder le CPF des salari\u00e9s sans majoration. <\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">&nbsp;<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">A noter toutefois que les salari\u00e9s pourraient toujours r\u00e9clamer des dommages et int\u00e9r\u00eats devant la juridiction prud\u2019homale en invoquant l\u2019absence d\u2019abondement spontan\u00e9 de la part de l\u2019employeur. <\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Louise PEUGNY, MGG VOLTAIRE&nbsp; Compte tenu de la crise sanitaire li\u00e9e \u00e0 la Covid-19, les \u00e9ch\u00e9ances li\u00e9es \u00e0 l\u2019entretien professionnel ont \u00e9t\u00e9 report\u00e9es une premi\u00e8re fois au 1er janvier 2021 par l\u2019ordonnance n\u00b0 2020-387 du 1er avril 2020 pour faire face aux cons\u00e9quences \u00e9conomiques, financi\u00e8res et sociales de la propagation du Covid-19. 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