{"id":24436,"date":"2024-03-11T12:27:39","date_gmt":"2024-03-11T11:27:39","guid":{"rendered":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/?p=24436"},"modified":"2024-03-11T12:27:40","modified_gmt":"2024-03-11T11:27:40","slug":"du-nouveau-sur-la-preuve-des-heures-supplementaires","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.voltaire-avocats.com\/fr\/du-nouveau-sur-la-preuve-des-heures-supplementaires\/","title":{"rendered":"Du nouveau sur la preuve des heures suppl\u00e9mentaires"},"content":{"rendered":"<p class=\"ql-align-justify\">La charge de la preuve des heures suppl\u00e9mentaires d\u00e9coule de l\u2019article L.3171-4 du Code du travail qui dispose \u00ab\u00a0<em>En cas de litige relatif \u00e0 l&rsquo;existence ou au nombre d&rsquo;heures de travail accomplies, l&#8217;employeur fournit au juge les \u00e9l\u00e9ments de nature \u00e0 justifier les horaires effectivement r\u00e9alis\u00e9s par le salari\u00e9.<\/em><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><em>Au vu de ces \u00e9l\u00e9ments et de ceux fournis par le salari\u00e9 \u00e0 l&rsquo;appui de sa demande, le juge forme sa conviction apr\u00e8s avoir ordonn\u00e9, en cas de besoin, toutes les mesures d&rsquo;instruction qu&rsquo;il estime utiles.<\/em><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><em>Si le d\u00e9compte des heures de travail accomplies par chaque salari\u00e9 est assur\u00e9 par un syst\u00e8me d&rsquo;enregistrement automatique, celui-ci doit \u00eatre fiable et infalsifiable<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">La Cour de cassation a rappelle de mani\u00e8re constante que le salari\u00e9 n\u2019a pas \u00e0 \u00ab<em>\u00a0\u00e9tayer<\/em>\u00a0\u00bb sa demande, mais doit apporter \u00ab <em>des \u00e9l\u00e9ments suffisamment pr\u00e9cis (\u2026) afin de permettre \u00e0 l&#8217;employeur (\u2026) d&rsquo;y r\u00e9pondre utilement<\/em> \u00bb (notamment : Cass. soc., 17 f\u00e9vr. 2021, n\u00b018-15.972).<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><strong>Par 2 arr\u00eats du 28 f\u00e9vrier 2024, la Cour de cassation est venue donner des pr\u00e9cisions sur la charge de la preuve en mati\u00e8re d\u2019heures suppl\u00e9mentaires. <\/strong><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">Dans le premier arr\u00eat, apr\u00e8s avoir rappel\u00e9 la jurisprudence susmentionn\u00e9e, la Cour de cassation a pr\u00e9cis\u00e9 qu\u2019il importait peu que les tableaux produits par le salari\u00e9 n\u2019indiquaient pas les horaires de travail, ni les temps de pause journaliers, pour consid\u00e9rer que les \u00e9l\u00e9ments apport\u00e9s par ce dernier \u00e9taient suffisamment pr\u00e9cis\u00a0:<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">\u00ab\u00a0<em>6. Il r\u00e9sulte de ces dispositions, qu&rsquo;en cas de litige relatif \u00e0 l&rsquo;existence ou au nombre d&rsquo;heures de travail accomplies, il appartient au salari\u00e9 de pr\u00e9senter, \u00e0 l&rsquo;appui de sa demande, des \u00e9l\u00e9ments suffisamment pr\u00e9cis quant aux heures non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9es qu&rsquo;il pr\u00e9tend avoir accomplies afin de permettre \u00e0 l&#8217;employeur, qui assure le contr\u00f4le des heures de travail effectu\u00e9es, d&rsquo;y r\u00e9pondre utilement en produisant ses propres \u00e9l\u00e9ments. Le juge forme sa conviction en tenant compte de l&rsquo;ensemble de ces \u00e9l\u00e9ments au regard des exigences rappel\u00e9es aux dispositions l\u00e9gales et r\u00e9glementaires pr\u00e9cit\u00e9es. Apr\u00e8s analyse des pi\u00e8ces produites par l&rsquo;une et l&rsquo;autre des parties, dans l&rsquo;hypoth\u00e8se o\u00f9 il retient l&rsquo;existence d&rsquo; heures suppl\u00e9mentaires , il \u00e9value souverainement, sans \u00eatre tenu de pr\u00e9ciser le d\u00e9tail de son calcul, l&rsquo;importance de celles-ci et fixe les cr\u00e9ances salariales s&rsquo;y rapportant.<\/em><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><em>7. Pour d\u00e9bouter le salari\u00e9 de sa demande au titre des heures suppl\u00e9mentaires et des cong\u00e9s pay\u00e9s aff\u00e9rents, l&rsquo;arr\u00eat rel\u00e8ve qu&rsquo;il produit deux tableaux indiquant le quantum des heures qu&rsquo;il dit avoir accomplies d&rsquo;avril 2013 \u00e0 septembre 2014. <\/em><strong><em>Il constate que ces tableaux n&rsquo;indiquent ni les horaires de travail ni les temps de pause journaliers. Il en conclut que le salari\u00e9 ne fournit pas d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments suffisamment pr\u00e9cis.<\/em><\/strong><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><strong><em>9. En statuant ainsi, alors qu&rsquo;il r\u00e9sultait de ses constatations que le salari\u00e9 pr\u00e9sentait des \u00e9l\u00e9ments suffisamment pr\u00e9cis pour permettre \u00e0 l&#8217;employeur de r\u00e9pondre la cour d&rsquo;appel, qui a fait peser la charge de la preuve sur le seul salari\u00e9, a viol\u00e9 le texte susvis\u00e9<\/em><\/strong><em>.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">Dans le second arr\u00eat, la Cour de cassation a rappel\u00e9 que l\u2019envoi de courriels \u00e0 des heures tardives, y compris sans urgence, constituait un \u00e9l\u00e9ment suffisamment pr\u00e9cis\u00a0:<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">\u00ab\u00a0<em>13. Pour d\u00e9bouter la salari\u00e9e de sa demande en paiement d&rsquo;un rappel de salaire pour heures suppl\u00e9mentaires accomplies au cours de la p\u00e9riode du 1er janvier 2016 \u00e0 mars 2017, outre les cong\u00e9s pay\u00e9s aff\u00e9rents, l&rsquo;arr\u00eat retient que la salari\u00e9e ne rapporte pas la preuve d&rsquo;avoir effectu\u00e9 des heures compl\u00e9mentaires \u00e0 la demande de l&#8217;employeur et qu&rsquo;en <\/em><strong><em>particulier les envois de courriels \u00e0 des heures tardives, sans urgence, ne permettent pas d&rsquo;\u00e9tayer la r\u00e9alit\u00e9 d&rsquo;un travail continu \u00e0 la fin de l&rsquo;horaire th\u00e9orique ni le weekend<\/em><\/strong><em>. Il conclut que les heures compl\u00e9mentaires et suppl\u00e9mentaires ne se trouvant pas \u00e9tablies, la probl\u00e9matique du travail dissimul\u00e9 de leur chef est inop\u00e9rante.<\/em><\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><em>14. En statuant ainsi, alors qu&rsquo;il r\u00e9sultait de ses constatations que la salari\u00e9e pr\u00e9sentait des \u00e9l\u00e9ments suffisamment pr\u00e9cis pour permettre \u00e0 l&#8217;employeur de r\u00e9pondre, la cour d&rsquo;appel, qui a fait peser la charge de la preuve sur la seule salari\u00e9e, a viol\u00e9 le texte susvis\u00e9.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"ql-align-justify\"><a href=\"https:\/\/www.courdecassation.fr\/decision\/65dedb217f398b00089bf862?search_api_fulltext=heures%20suppl%C3%A9mentaires&#038;previousdecisionpage=0&#038;previousdecisionindex=6&#038;nextdecisionpage=0&#038;nextdecisionindex=8&#038;page=0\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Cass. soc. 28-2-2024 n\u00b0 22-23.047\u00a0<\/a>; <a href=\"https:\/\/www.dalloz.fr\/documentation\/Document?id=CASS_LIEUVIDE_2024-02-28_2222506\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Cass. soc. 28-2-2024 n\u00b0 22-22.506\u00a0<\/a><\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La charge de la preuve des heures suppl\u00e9mentaires d\u00e9coule de l\u2019article L.3171-4 du Code du travail qui dispose \u00ab\u00a0En cas de litige relatif \u00e0 l&rsquo;existence ou au nombre d&rsquo;heures de travail accomplies, l&#8217;employeur fournit au juge les \u00e9l\u00e9ments de nature \u00e0 justifier les horaires effectivement r\u00e9alis\u00e9s par le salari\u00e9. 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