Actualités en Droit Social

Dispense de recherche de reclassement d’un salarié inapte : le CSE doit-il néanmoins être consulté ?

Cet article vous plait ?
Partagez-le avec votre réseau !

Non, selon la Cour d’appel d’Orléans (Chambre sociale, 13 avril 2021, n°18/03127).

Rappelons à cet égard que l’employeur peut être dispensé par le Médecin du travail de rechercher à reclasser un salarié inapte, que l’inaptitude soit d’origine professionnelle ou non (L. 1226-2-1 et L. 1226-12 du Code du travail).

Pour cela, le Médecin du travail doit faire figurer sur son avis l’une des deux mentions suivantes :

  • « Tout maintien du salarié dans son emploi serait gravement préjudiciable à sa santé »
  • « l’état de santé du salarié fait obstacle à tout reclassement dans un emploi »

Est-ce que cette dispense de recherche de reclassement dispense également l’employeur de consulter le CSE avant d’engager la procédure de licenciement ?

Pour mémoire, le Code du travail impose de consulter le CSE avant toute proposition de reclassement adressée à un salarié inapte (L. 1226-1 et L. 1226-10 du Code du travail).

La rédaction des textes précités suggère que l’avis du CSE est entendu comme un préalable à la proposition de reclassement. Or, en cas de dispense de reclassement, l’employeur n’a pas à proposer de reclassement.

Pour autant, le législateur n’a pas expressément dispensé l’employeur de cette consultation en cas de dispense de recherche de reclassement.

Si l’objet même de la consultation est contestable, la Cour de Cassation n’a toutefois pas tranché, à notre connaissance, cette question.

En l’espèce, un salarié avait été reconnu inapte par le Médecin du travail aux termes d’un avis rédigé comme suit : « inaptitude définitive à tout maintien dans un emploi dans l’entreprise et dans le groupe. L’état de santé fait obstacle à tout reclassement dans un emploi dans l’entreprise et dans le groupe ». Le salarié a contesté son licenciement pour inaptitude et impossibilité de reclassement et a notamment formé une demande indemnitaire pour défaut de consultation des instances représentatives du personnel.

La Cour d’appel d’Orléans rejette cette demande au motif que : « Si les dispositions des articles L. 1226-2 et L. 1226-10 du Code du travail imposent la consultation des délégués du personnel avant la formulation de proposition de reclassement, une telle exigence ne résulte, en l’absence de toute possibilité de reclassement, ni de ces textes, ni de l’article L. 1226-12 du Code du travail. A cet égard, aucun autre texte ne prévoit la consultation des délégués du personnel au cours de la procédure d’inaptitude. Cette obligation de consulter les délégués du personnel n’a plus d’objet si l’avis du médecin du travail est que le reclassement est impossible. En conséquence, la société au regard de l’avis d’inaptitude rendu par le médecin du travail était dispensée d’une recherche de reclassement et pouvait dès lors engager la procédure de licenciement dès la réception de l’avis d’inaptitude , sans avoir à consulter les délégués du personnel ».

Signalons que la Cour d’appel de Riom a pris la même position dans un arrêt précédent (CA Riom, chambre sociale, 3 avril 2018 n°16/01261).

Il serait opportun que la Cour de Cassation tranche cette question.

Vous rechercher des informations en Droit Social ?

Utiliser le moteur de recherche ci-dessous !

Vous avez besoin de conseils et accompagnement en Droit Social ?

Contactez-nous, nos avocats experts en Droit Social sont là pour vous !

Dernières actualités en droit social

Actualités en droit social

Fixation des modalités de mise œuvre du nouveau CDD « reconversion »

Depuis le 1er janvier 2026, les employeurs peuvent recourir à un nouveau contrat à durée déterminée dit « reconversion ».   Ce contrat vise à sécuriser les projets de reconversion professionnelle des salariés. Il leur permet de signer un CDD dans une entreprise d’accueil tout en bénéficiant de la suspension de leur

Lire la suite
Actualités en droit social

Motivation d’une peine correctionnelle

Dans un arrêt du 21 janvier 2026 (n° 25-81.025), la chambre criminelle de la Cour de cassation considère suffisante la motivation d’une amende prononcée par une juridiction pénale se fondant sur les éléments de situation personnelle et de ressources du prévenu figurant au dossier ou discutés contradictoirement.   Dans cette

Lire la suite
Actualités en droit social

Les indemnités supra prévues par un PSE et les indemnités pour licenciement sans cause réelle et sérieuse ne se cumulent pas (si un accord le prévoit !)

Dans un arrêt du 14 janvier 2026 (Cass. soc. 14 janvier 2026, n° 24-13.463), la Cour de cassation retient l’absence d’un tel cumul. Dans cette espèce, le 3 décembre 2018, un accord collectif majoritaire portant sur les licenciements collectifs pour motif économique a été conclu entre une société et une

Lire la suite
Back to top

Inscription
aux Matinées Actualités