Actualités en Droit Social

Interruption de la prescription des faits fautifs : de l’insuffisance de la plainte « simple »

Cet article vous plait ?
Partagez-le avec votre réseau !

Pour engager des poursuites disciplinaires à l’égard d’un salarié, l’employeur dispose d’un délai de deux mois, au terme duquel si la convocation à un entretien préalable n’a pas été envoyée, les faits seront considérés comme prescrits et aucune poursuite ne pourra plus être engagée.

Toutefois, ce délai est susceptible d’être interrompu si, dans ce même délai, le même fait fautif a donné lieu à « l’exercice de poursuites pénales » (C. trav., art. L. 1332-4).

Il résulte cependant de la jurisprudence que cette formule ne couvre que l’hypothèse où l’action publique a été mise en œuvre (Cass. soc., 13 octobre 2016, n°15-14.006), peu importe que les poursuites résultent de l’initiative de l’employeur ou d’un tiers et qu’elles aient été déclenchées à l’initiative du ministère public, sur plainte avec constitution de partie civile ou sur citation directe de la victime quelle que soit celle-ci (voir Riom, 7 juin 2022, n°19/02364).

En revanche, une plainte simple déposée par l’employeur ne permet pas de justifier de « l’exercice de poursuites pénales » (en ce sens : Pau, 14 octobre 2021, n°20/01312).

Or, sauf crime ou délit particulier, la plainte avec constitution de partie civile n’est recevable qu’à condition que le plaignant justifie (CPP, art. 85) :

  • soit que le procureur de la République lui a fait connaître, à la suite d’une plainte déposée devant lui ou un service de police judiciaire, qu’il n’engagera pas lui-même des poursuites ;
  • soit qu’un délai de trois mois se soit écoulé depuis que la plainte « simple » a été déposée.

Or, en pratique, il est quasiment impossible que les poursuites pénales soient engagées avant l’expiration du délai de deux mois pour engager la procédure disciplinaire, de sorte que l’effet utile de l’interruption prévue à l’article L. 1332-4 du Code du travail est quasi nul en pratique.

Pour éviter de se heurter à la prescription des faits fautifs, l’employeur devra donc engager la procédure disciplinaire indépendamment des suites qui pourront être données à la plainte qu’il aura déposée.

Dans ces conditions, une révision de l’article L. 1332-4 serait bienvenue…

Vous rechercher des informations en Droit Social ?

Utiliser le moteur de recherche ci-dessous !

Vous avez besoin de conseils et accompagnement en Droit Social ?

Contactez-nous, nos avocats experts en Droit Social sont là pour vous !

Dernières actualités en droit social

Actualités en droit social

Indemnités de rupture : les projets de budgets pour 2027 prévoient une refonte des exonérations fiscales et sociales

Les projets de loi de finances (PLF) et de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2027, présentés en Conseil des ministres le 1er octobre 2026, prévoient de revoir en profondeur le régime des indemnités de rupture. Annoncée début septembre, la réforme se précise : un plafond d’exonération d’un PASS

Lire la suite
Actualités en droit social

Référent handicap, quoi de neuf ?

La désignation d’un référent handicap est déjà une obligation pour les entreprises d’au moins 250 salariés, mais un projet de décret entend préciser les missions et les moyens alloués à ce rôle. Ce texte, dont l’entrée en vigueur serait prévue au 1er janvier 2027, imposerait de nouvelles formalités aux employeurs

Lire la suite
Actualités en droit social

Quand servir ses intérêts personnels au préjudice de son employeur suffit à prouver l’intention de nuire pour retenir la faute lourde

La démonstration de l’intention de nuire peut être un obstacle pour l’employeur qui licencie un salarié pour faute lourde.   Dans un arrêt récent, la Cour de cassation rappelle ce qu’il convient d’entendre par intention de nuire du salarié au préjudice de son employeur, tout en faisant preuve d’une interprétation

Lire la suite
Back to top

Inscription
aux Matinées Actualités