Actualités en Droit Social

Inaptitude physique : portée d’une dispense de reclassement « sur site »

Cet article vous plait ?
Partagez-le avec votre réseau !

En application des articles L. 1226-2 et L. 1226-10 du Code du travail, le constat de l’inaptitude physique d’un salarié à occuper son poste impose à l’employeur de rechercher une solution de reclassement.

Les lois « Rebsamen » et « El Khomri » des 17 août 2015 et 8 août 2016 ont toutefois créé une exception à cette obligation.

Ainsi, désormais, l’employeur se trouve dispensé de toute recherche de reclassement lorsque l’avis émis par le médecin du travail précise que tout maintien du salarié dans un emploi serait gravement préjudiciable à sa santé, ou que l’état de santé du salarié fait obstacle à tout reclassement dans un emploi (art. L. 1226-2-1 et L. 1226-12 du Code du travail).

En pratique, l’avis d’inaptitude comporte des cases à cocher pour chaque cas de dispense de l’obligation de reclassement.

Quid toutefois lorsque le libellé de l’avis d’inaptitude prête à confusion ? En particulier, l’employeur peut-il s’estimer dispensé d’effectuer des recherches de reclassement lorsque le médecin du travail a coché l’une des cases figurant sur l’avis tout en assortissant ce dernier de précisions quant à l’étendue de la dispense de reclassement ?

Pas nécessairement, selon la Cour de cassation.

Dans une espèce ayant donné lieu à un arrêt rendu le 13 décembre 2023, un médecin du travail avait :

  • déclaré un salarié inapte à occuper son poste ;
  • coché la case de l’avis d’inaptitude mentionnant que « l’état de santé du salarié fait obstacle à tout reclassement dans un emploi » ;
  • précisé dans le même document que l’inaptitude faisait obstacle à tout reclassement dans un emploi « sur le site ».

L’employeur avait considéré que ledit avis l’autorisait à procéder au licenciement du salarié sans effectuer de recherches préalables de solution de reclassement.

A tort, selon les juges du fond, dont l’arrêt a été confirmé par la Cour de cassation, aux motifs que la dispense de reclassement n’était pas totale, l’employeur ayant en l’espèce d’autres sites :

« La cour d’appel en a exactement déduit que l’employeur n’était pas dispensé, par un avis d’inaptitude du médecin du travail limité à un seul site, de rechercher un reclassement hors de l’établissement auquel le salarié était affecté et avait ainsi manqué à son obligation de reclassement ».

Une telle décision appelle à la plus grande vigilance face aux avis d’inaptitude pouvant prêter à confusion.

Il est ainsi conseillé de ne pas s’arrêter à la case cochée par le médecin du travail, mais à se rapprocher de ce dernier en cas de doute sur l’étendue de la dispense de reclassement.

Cass. soc. 13 décembre 2023, n° 22-19603

Vous rechercher des informations en Droit Social ?

Utiliser le moteur de recherche ci-dessous !

Vous avez besoin de conseils et accompagnement en Droit Social ?

Contactez-nous, nos avocats experts en Droit Social sont là pour vous !

Dernières actualités en droit social

Actualités en droit social

Transfert de courriels confidentiels : une faute pouvant justifier le licenciement d’un salarié protégé

La redirection massive, par un salarié protégé, de courriels professionnels contenant des données sensibles vers sa messagerie personnelle – et celle d’un tiers à l’entreprise – peut constituer un manquement grave aux obligations de confidentialité justifiant un licenciement disciplinaire. Le Conseil d’État le rappelle dans une décision du 20 février

Lire la suite
Actualités en droit social

Retour de l’aide à l’embauche d’apprentis

Par décret n°2026-168 du 6 mars 2026, les pouvoirs publics ont réinstauré l’aide à l’embauche d’apprentis pour la période du 8 mars au 31 décembre 2026. Le montant de cette aide varie selon le diplôme préparé par l’apprenti et les effectifs de l’employeur. Ainsi, pour les entreprises de moins de

Lire la suite
Actualités en droit social

Représentant syndical au CSE d’établissement : le seuil d’effectif s’apprécie au niveau de l’entreprise

Pour la désignation du représentant syndical au Comité social et économique (CSE), la loi distingue selon que l’effectif est inférieur ou égal à 300 salariés. Ainsi, dans les entreprises dont l’effectif est au moins égal à 300 salariés, les organisations syndicales représentatives peuvent désigner un représentant syndical au CSE, distinct

Lire la suite
Back to top

Inscription
aux Matinées Actualités