Actualités en Droit Social

Avis d’inaptitude : seule la remise contre émargement fait courir le délai de contestation

Cet article vous plait ?
Partagez-le avec votre réseau !

Dans un arrêt du 2 mars 2022, la Cour de cassation a apporté des précisions concernant le point de départ du délai de 15 jours pour contester un avis médical rendu par le médecin du travail.

 

Aux termes de l’article R. 4624-45 du Code du travail, en cas de contestation d’un avis médical émis par le médecin du travail, le Conseil de prud’hommes est saisi dans un délai de 15 jours « à compter de la notification » dudit avis médical.

 

L’article R. 4624-55 du même Code dispose que « l’avis médical d’aptitude ou d’inaptitude émis par le médecin du travail est transmis au salarié ainsi qu’à l’employeur par tout moyen leur conférant une date certaine ».

 

Au visa de ces deux articles, la Cour de cassation a jugé, dans un arrêt du 2 mars 2022, que « pour constituer la notification faisant courir le délai de recours de quinze jours à l’encontre d’un avis d’aptitude ou d’inaptitude, la remise en main propre de cet avis doit être faite contre émargement ou récépissé. »

 

En l’espèce, l’avis d’inaptitude avait été remis en main propre au salarié à l’issue d’une visite médicale du 13 novembre 2018. Le salarié avait ensuite saisi, le 29 novembre 2018, le Conseil de prud’hommes d’une contestation de cet avis d’inaptitude.

 

La Cour d’appel, comme le Conseil de prud’hommes en première instance, avait jugé cette action irrecevable en raison de l’expiration du délai de 15 jours.

 

A l’appui de son pourvoi en cassation, le salarié faisait valoir que « la remise au salarié de l’avis d’inaptitude le 13 novembre 2018, sans émargement ni récépissé et immédiatement à l’issue d’un premier et unique examen par le médecin du travail, ne valait pas notification de cet avis, mais simple information sur l’avis que le médecin du travail entendait émettre, en sorte que le délai pour le contester n’avait pas commencé à courir ».

 

La Cour de cassation lui donne raison et casse l’arrêt de la Cour d’appel dans les termes exposés ci-dessus.

 

Ainsi, lorsque la notification de l’avis médical est faite par courrier remis en main propre, cette remise doit obligatoirement s’effectuer contre signature. A défaut, la notification n’est pas considérée comme ayant une date certaine et le délai de 15 jours pour la contestation de cet avis ne commence pas à courir.

 

Par conséquent, pour que le délai de 15 jours puisse courir, il convient de s’assurer que la date de transmission de l’avis médical émis par le médecin du travail est identifiable avec certitude.

 

En pratique, la notification de l’avis médical devra donc intervenir par courrier recommandé avec accusé de réception ou par remise en main propre contre émargement.

 

Cass. soc. 2 mars 2022, n°20-21715

 

https://www.courdecassation.fr/decision/621f1708459bcb7900c39e85

Vous rechercher des informations en Droit Social ?

Utiliser le moteur de recherche ci-dessous !

Vous avez besoin de conseils et accompagnement en Droit Social ?

Contactez-nous, nos avocats experts en Droit Social sont là pour vous !

Dernières actualités en droit social

Actualités en droit social

Revalorisation du SMIC : + 2,41 % au 1er juin 2026

A compter du 1er juin 2026 et en application des dispositions légales relatives à la revalorisation automatique du Smic, le salaire minimum interprofessionnel de croissance fera l’objet d’une hausse de 2,41 %, portant le taux horaire brut de 12,02 € à 12,31 €.   Ce mécanisme de revalorisation automatique est

Lire la suite
Actualités en droit social

Premières « bonnes pratiques » de la CNIL sur les lunettes connectées

 La CNIL appelle à la vigilance sur l’utilisation des lunettes connectées, notamment sur les lieux de travail.   Elle propose quelques « bonnes pratiques » à ce sujet :   « Informez les personnes à proximité lorsque vous utilisez des lunettes connectées. Désactivez les fonctions de captation dès qu’elles ne

Lire la suite
Back to top

Inscription
aux Matinées Actualités