Actualités en Droit Social

Salarié protégé : pas de mutation disciplinaire sans accord exprès !

Cet article vous plait ?
Partagez-le avec votre réseau !

Dans un arrêt publié du 15 février 2023, la Cour de cassation a rappelé qu’ « aucune modification de son contrat de travail ou changement de ses conditions de travail ne peut être imposé à un salarié protégé ». Dès lors, en cas de refus, il appartient à l’employeur d’engager la procédure de licenciement en demandant l’autorisation de l’inspecteur du travail, l’acceptation ne pouvant résulter de l’absence de protestation du salarié, ni de la poursuite par celui-ci de son travail (Cass. soc., 15 février 2023, n°21-20.572).

En l’espèce, un salarié titulaire d’un mandat de délégué du personnel s’était vu notifier une mutation disciplinaire le 20 décembre 2011, après qu’un entretien préalable ait été organisé par l’employeur. Le 10 juin 2014, le salarié avait saisi le Conseil de prud’hommes de diverses demandes, puis l’employeur avait mis en œuvre une procédure de licenciement à l’issue de laquelle l’inspection du travail avait refusé d’autoriser ce licenciement.

En cause d’appel, le salarié évoquait pour la première fois la mutation disciplinaire dont il avait fait l’objet et en sollicitait l’annulation au motif qu’elle avait été mise en œuvre sans son accord. La Cour d’appel l’a alors débouté de sa demande au motif qu’il ne justifiait pas des éléments de nullité qui entacheraient cette décision ainsi que l’existence d’un préjudice en résultant (Versailles, 26 novembre 2020, n°18/04991).

La Cour de cassation casse l’arrêt d’appel, eu égard aux principes ci-avant rappelés.

En effet, il résulte d’une jurisprudence – ancienne et constante – que l’employeur ne peut imposer à un salarié protégé ni une modification de son contrat, ni un changement de ses conditions de travail (Cass. soc., 23 septembre 1992, n°90-45.106). L’acceptation du salarié doit impérativement être expresse et ne peut pas résulter de l’absence de protestation ou de la poursuite du contrat de travail (Cass. soc., 12 septembre 2018, n°16-27.549).

En pratique, cela signifie que l’employeur doit respecter la procédure suivante :

1.     Soumettre la modification du contrat de travail ou des conditions de travail au salarié protégé ;

2.     Obtenir l’accord exprès du salarié protégé quant à la modification proposée, le salarié ne pouvant alors plus revenir sur son accord sauf en cas de vice du consentement (Cass. soc., 26 septembre 2012, n°10-27.942) ;

3.     À défaut, soit renoncer à la modification, soit mettre en œuvre la procédure spéciale de licenciement et solliciter l’autorisation de l’inspection du travail.

Dans l’hypothèse où la modification viendrait à être imposée au salarié, alors ce dernier pourrait solliciter la réintégration dans son emploi initial (Cass. soc., 5 mars 2008, n°07-11.123) et obtenir des dommages et intérêts.

Si la modification est d’une gravité telle qu’elle empêche la poursuite du contrat de travail, le salarié peut prendre acte de la rupture de son contrat ou solliciter sa résiliation judiciaire, ce qui oblige donc à une particulière vigilance !

https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000047200979?init=true&page=1&query=21-20.572&searchField=ALL&tab_selection=all

Vous rechercher des informations en Droit Social ?

Utiliser le moteur de recherche ci-dessous !

Vous avez besoin de conseils et accompagnement en Droit Social ?

Contactez-nous, nos avocats experts en Droit Social sont là pour vous !

Dernières actualités en droit social

Actualités en droit social

ASC du CSE : l’Urssaf précise quels stagiaires peuvent en bénéficier

Dans un webinaire consacré au régime social des cadeaux et bons d’achat, l’Urssaf a apporté des précisions sur les stagiaires pouvant bénéficier des activités sociales et culturelles (ASC) du CSE. Elle confirme que les stagiaires étudiants en milieu professionnel doivent bénéficier des ASC dans les mêmes conditions que les salariés,

Lire la suite
Actualités en droit social

Suppression de l’obligation pour l’employeur de déposer le règlement intérieur auprès du Conseil de prud’hommes

La loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 de simplification de la vie économique, publiée au Bulletin Officiel le 27 mai dernier, supprime l’obligation faite aux employeurs de déposer le règlement intérieur auprès du Conseil de prud’hommes dont dépend l’entreprise. Un décret devrait intervenir prochainement pour supprimer l’article R. 1321-2

Lire la suite
Back to top

Inscription
aux Matinées Actualités