Actualités en Droit Social

Vigilance quant à l’étendue de l’obligation de sécurité en matière de préconisations médicales

Cet article vous plait ?
Partagez-le avec votre réseau !

Dans un arrêt du 11 juin 2025 (n°2416.083), la Cour de cassation précise que l’employeur doit s’assurer de l’effectivité des préconisations émises par le médecin du travail, ce même auprès de sociétés tierces.

Rappelons que l’employeur est tenu à une obligation de sécurité selon l’article L. 4121-1 du Code du travail.

En cas de risque avéré ou d’incident, l’employeur engage sa responsabilité, sauf s’il a pris les mesures de prévention nécessaires et suffisantes pour l’éviter, ce qu’il lui appartient de prouver (Cass. soc. 25 nov. 2015 n°14-24.444, Cass. soc. 3 févr. 2021 n°19-23.548).

En matière de préconisations médicales, l’employeur est tenu de prendre en considération l’avis du médecin du travail, ainsi que ses indications ou propositions, sous peine de manquement à son obligation de sécurité (Cass. soc. 27 sept. 2017 n°15-28.605).

S’il refuse de les appliquer, il doit soit en faire connaître par écrit les motifs au salarié et au médecin du travail, soit exercer le recours prévu à l’article L. 4624-7 du Code du travail.

Par cet arrêt du 11 juin 2025, la Cour de cassation rappelle dans un premier temps les principes rappelés supra et précise également que l’employeur, dès lors qu’il est informé des avis et recommandations du médecin du travail, doit vérifier si ces aménagements existent au sein des lieux sur lesquels le salarié est amené à intervenir et ne peut pas se contenter d’affirmer que les lieux d’intervention de son collaborateur correspondent à des lieux tiers, appartenant à des sociétés clientes, ne lui permettant pas de savoir si les aménagements requis sont mis en œuvre :

« 15. Pour dire que l’employeur n’avait pas manqué à son obligation de sécurité, l’arrêt retient que l’employeur justifie que le site de [Localité 3] est équipé de chariots transpalettes électriques mis à la disposition du salarié, que le salarié invoque sans le démontrer, l’absence de quais de déchargement dans de nombreux magasins Intermarché faisant partie de sa tournée, que le salarié produit un protocole de sécurité concernant sept magasins Intermarché qui précise qu’un transpalette manuel est mis à la disposition du conducteur à l’exception d’un magasin disposant d’un transpalette électrique, ce qui ne correspond pas aux préconisations du médecin du travail, mais que s’agissant de sociétés tierces, clientes de l’employeur, ce dernier ne peut avoir connaissance de l’absence de transpalette électrique, si le chauffeur intervenant chez le client ne l’alerte pas sur ce point.

16. En statuant ainsi, alors qu’elle avait constaté que le médecin du travail avait préconisé l’aide d’un chariot électrique et que l’employeur, informé de cette préconisation, n’avait pas vérifié que les lieux dans lesquels le salarié effectuait sa tournée étaient équipés de ce matériel, ce dont il résultait que l’employeur avait manqué à son obligation de sécurité, la cour d’appel a violé les textes susvisés.« 

https://www.courdecassation.fr/decision/684912cd73d71a3e1cc31e3f?judilibre_juridiction=cc&judilibre_chambre[]=soc&previousdecisionpage=&previousdecisionindex=&nextdecisionpage=0&nextdecisionindex=1

 

Vous rechercher des informations en Droit Social ?

Utiliser le moteur de recherche ci-dessous !

Vous avez besoin de conseils et accompagnement en Droit Social ?

Contactez-nous, nos avocats experts en Droit Social sont là pour vous !

Dernières actualités en droit social

Actualités en droit social

Sous-traitance : une proposition de loi pour responsabiliser davantage les donneurs d’ordre

Le texte entend reconnaître juridiquement certaines situations de dépendance économique, renforcer l’information et la représentation des sous-traitants, imposer des études d’impact en cas de décisions stratégiques affectant leur activité, et étendre la responsabilité du donneur d’ordre sur les plans social, territorial et environnemental.

Lire la suite
Actualités en droit social

Canicule et URSSAF

A l’égard des employeurs, l’URSSAF indique vouloir faire « preuve de compréhension face à un retard de déclaration, si vous êtes dans l’impossibilité temporaire de réaliser vos déclarations du fait de la canicule. vous pouvez nous solliciter afin de demander le report de vos échéances de cotisations via la mise

Lire la suite
Back to top

Inscription
aux Matinées Actualités