Pour rappel, la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 prévoit, à compter du 1er septembre 2026, de limiter la durée initiale des arrêts de travail, dans des conditions qui seront précisées par décret en Conseil d’État. Cette mesure s’inscrit dans un contexte de hausse continue des arrêts maladie et de leur coût pour les finances publiques.
C’est dans ce cadre que le Gouvernement a présenté, le 9 avril 2026, un plan d’action global visant à réduire l’absentéisme au travail.
Sans instaurer, à ce stade, de nouvelles obligations contraignantes, ce plan définit des orientations afin de mieux prévenir les arrêts de travail et lutter contre les abus, en renforçant à la fois l’accompagnement des assurés, leur maintien dans l’emploi, ainsi que les actions de prévention et de contrôle.
- Renforcer la prévention des risques
Le Gouvernement entend renforcer les outils de prévention à disposition des employeurs, désormais identifiés comme des acteurs centraux en matière de santé au travail.
Parmi les mesures annoncées :
– la mise à disposition, depuis le 10 avril 2026, d’un espace dédié à l’absentéisme sur le site du ministère du Travail, permettant notamment de réaliser des autodiagnostics et d’identifier les interlocuteurs compétents pour accompagner les entreprises ;
– le renforcement des actions des services de prévention et de santé au travail, en particulier en matière de santé mentale, avec le déploiement d’une « Charte pour la santé mentale au travail » et des actions de sensibilisation à l’échelle nationale ;
– la mobilisation du dialogue social afin d’adapter l’organisation du travail et de favoriser le maintien dans l’emploi.
- Mieux accompagner les salariés et prévenir la désinsertion professionnelle
Le Gouvernement souhaite en particulier repenser la prise en charge des arrêts de longue durée. À ce titre, le plan prévoit :
– le développement de parcours de soins de réadaptation et de réhabilitation, notamment pour les troubles musculosquelettiques et les troubles psychiques, avec une intervention progressive dès 60 jours d’arrêt ;
– la réduction de la durée d’indemnisation afin de favoriser un suivi médical plus régulier ;
– la possibilité pour les médecins généralistes de solliciter un second avis spécialisé (psychiatre, rhumatologue) dans les situations complexes.
L’objectif est d’améliorer la prise en charge des salariés tout en sécurisant leur retour à l’activité.
- Un renforcement des mécanismes de contrôle
Enfin, le plan prévoit un durcissement des outils de lutte contre les abus :
– la mise en place, d’ici fin 2026, d’un service simplifié permettant aux employeurs de signaler plus facilement à l’Assurance maladie les situations d’arrêt de travail jugées anormales
– l’instauration de sanctions visant le « nomadisme médical », un décret étant annoncé à l’automne 2026 ;
– la confirmation de la publication prochaine des décrets d’application de la LFSS pour 2026, notamment celui prévoyant, à compter du 1er septembre 2026, une limitation de la durée des arrêts à un mois pour un arrêt initial et deux mois en cas de prolongation (sauf exceptions).
Si ce plan ne crée pas, à ce stade, d’obligation immédiates il constitue un signal clair quant aux évolutions à venir et invite les employeurs à anticiper un renforcement des exigences en matière de gestion de l’absentéisme.


