Actualités en Droit Social

L’irrégularité lors de la procédure disciplinaire ne constitue pas nécessairement une violation d’une garantie de fond, entrainant la nullité de la sanction

Cet article vous plait ?
Partagez-le avec votre réseau !

La Cour de cassation, dans un arrêt du 20 mars 2024 (n°22-17.292), a précisé qu’une irrégularité commise par l’employeur dans le déroulement d’une procédure disciplinaire prévue par des dispositions conventionnelles ou un règlement intérieur, constitue une violation d’une garantie de fond entrainant la nullité de la sanction, seulement si cette irrégularité porte effectivement atteinte aux droits de la défense du salarié, ou si elle a exercé une influence sur la décision finale, ce qu’il appartient aux juges du fond de rechercher. 

 

Dans cette espèce, deux salariés ont saisi le Conseil de prud’hommes afin d’obtenir l’annulation de leur mise à pied disciplinaire, au motif que la procédure prévue par le règlement intérieur de l’entreprise n’avait pas été respectée. Ils soutenaient notamment que l’employeur avait manqué à son obligation de consulter les représentants du personnel avant la tenue de l’entretien préalable.

 

La Cour d’appel a fait droit à leurs demandes, considérant que les représentants du personnel ont été convoqués tardivement, ce qui ne leur avait pas permis de prendre connaissance des faits, et de rendre un avis en temps utile. Pour les juges du fond, cette consultation, qui permettait aux représentants du personnel de se prononcer, à un moment « capital » de la procédure, sur l’existence de la faute, à savoir sa nature professionnelle ou disciplinaire au sens du règlement intérieur, sur le degré de gravité de la faute et sur la sanction qu’elle mérite, constituait une garantie de fond, dont le non-respect entraine la nullité de la sanction prononcée. 

 

La Cour de cassation a adopté un tout autre raisonnement, et casse l’arrêt d’appel. 

 

La Cour a en effet considéré que l’irrégularité dans la procédure disciplinaire prévue par un règlement intérieur devait avoir privé le salarié des droits de sa défense, ou être susceptible d’avoir exercé une influence sur la décision finale de l’employeur, pour annuler la sanction.  

 

Or, les juges du fond n’ont pas recherché, comme ils y avaient été invités, si cette irrégularité constatée dans le déroulement de la procédure disciplinaire par la consultation tardive des délégués du personnel, avait effectivement eu un impact sur les droits de la défense des salariés, ou sur la décision de l’employeur. L’arrêt d’appel est donc cassé au visa de l’article du règlement intérieur régissant la procédure disciplinaire. 

 

L’irrégularité dans le déroulement de la procédure disciplinaire n’entraine donc pas systématiquement l’annulation de la sanction prononcée. 

 

Cette position avait déjà été adoptée par la Chambre sociale de la Cour de cassation (voir notamment : Cass. soc., 8 mars 2023, nº 21-19.340).

 

https://www.courdecassation.fr/decision/65faad8e9bc3510008fa6675?judilibre_juridiction=cc&judilibre_chambre[]=soc&page=4&previousdecisionpage=4&previousdecisionindex=4&nextdecisionpage=4&nextdecisionindex=6

Vous rechercher des informations en Droit Social ?

Utiliser le moteur de recherche ci-dessous !

Vous avez besoin de conseils et accompagnement en Droit Social ?

Contactez-nous, nos avocats experts en Droit Social sont là pour vous !

Dernières actualités en droit social

Actualités en droit social

ASC du CSE : l’Urssaf précise quels stagiaires peuvent en bénéficier

Dans un webinaire consacré au régime social des cadeaux et bons d’achat, l’Urssaf a apporté des précisions sur les stagiaires pouvant bénéficier des activités sociales et culturelles (ASC) du CSE. Elle confirme que les stagiaires étudiants en milieu professionnel doivent bénéficier des ASC dans les mêmes conditions que les salariés,

Lire la suite
Actualités en droit social

Suppression de l’obligation pour l’employeur de déposer le règlement intérieur auprès du Conseil de prud’hommes

La loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 de simplification de la vie économique, publiée au Bulletin Officiel le 27 mai dernier, supprime l’obligation faite aux employeurs de déposer le règlement intérieur auprès du Conseil de prud’hommes dont dépend l’entreprise. Un décret devrait intervenir prochainement pour supprimer l’article R. 1321-2

Lire la suite
Back to top

Inscription
aux Matinées Actualités