Actualités en Droit Social

PSE homologué et obligation de reclassement de l’employeur

Cet article vous plait ?
Partagez-le avec votre réseau !

Par un arrêt du 15 mai 2024, la Cour de cassation rappelle les exigences de rigueur et de transparence attendues de la part des employeurs en matière de reclassement dans le cadre d’un PSE homologué et vient clarifier les attentes des juges quant aux preuves que les employeurs doivent fournir pour démontrer le respect de leurs obligations de reclassement, cet arrêt ayant été rendu sous le visa de l’article L. 1233-4 du Code du travail dans sa rédaction antérieure à l’ordonnance n°2017-1387 du 22 septembre 2017.

En l’espèce, l’employeur avait établi un document unilatéral portant plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), lequel a été homologué par le DIRECCTE.

Les salariés ont refusé les postes de reclassement proposés par l’employeur et ont été licenciés pour motif économique.

Ces derniers ont ensuite contesté la rupture de leur contrat de travail, notamment au motif que l’employeur n’aurait pas respecté son obligation de reclassement.

La Cour d’appel de Dijon leur a donné raison, considérant que :

  • l’employeur n’a pas exécuté loyalement son obligation de reclassement en ne proposant pas tous les postes disponibles dans le groupe auquel appartenait l’employeur,
  • l’employeur ne démontre pas avoir effectué une recherche sérieuse et personnalisée de reclassement.

 

La Cour de cassation confirme l’arrêt de la Cour d’appel et livre plusieurs enseignements, nouveaux pour certains, à titre de rappels pour les autres :

  • au visa de l’ancien article L. 1233-4 du Code du travail, dans sa rédaction antérieure à l’ordonnance n°2017-1387 du 22 septembre 2017, même lorsqu’un PSE est homologué par l’administration, l’employeur doit rechercher toutes les possibilités de reclassement, qu’elles soient prévues ou non dans le PSE,
  • il incombe à l’employeur de prouver qu’il a exécuté son obligation de reclassement, la Cour d’appel ayant ici relevé que l’employeur n’avait pas présenté d’éléments concrets sur le périmètre de reclassement au sein du groupe, ni d’organigramme, ni de registre des entrées et sorties du personnel et ne fournissait donc pas suffisamment de preuves pour démontrer qu’il avait respecté son obligation de reclassement.

La nouvelle rédaction de l’article L. 1233-4 du Code du travail, ayant précisé la notion de « groupe » dont l’employeur relève et le mode de communication des offres de reclassement à chaque salarié, ne semble pas permettre de limiter les effets de cet arrêt.

https://www.courdecassation.fr/decision/66445085b94eb60008b3d103?judilibre_juridiction=cc&judilibre_chambre[]=soc&previousdecisionpage=&previousdecisionindex=&nextdecisionpage=0&nextdecisionindex=1

 

 

Vous rechercher des informations en Droit Social ?

Utiliser le moteur de recherche ci-dessous !

Vous avez besoin de conseils et accompagnement en Droit Social ?

Contactez-nous, nos avocats experts en Droit Social sont là pour vous !

Dernières actualités en droit social

Actualités en droit social

ASC du CSE : l’Urssaf précise quels stagiaires peuvent en bénéficier

Dans un webinaire consacré au régime social des cadeaux et bons d’achat, l’Urssaf a apporté des précisions sur les stagiaires pouvant bénéficier des activités sociales et culturelles (ASC) du CSE. Elle confirme que les stagiaires étudiants en milieu professionnel doivent bénéficier des ASC dans les mêmes conditions que les salariés,

Lire la suite
Actualités en droit social

Suppression de l’obligation pour l’employeur de déposer le règlement intérieur auprès du Conseil de prud’hommes

La loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 de simplification de la vie économique, publiée au Bulletin Officiel le 27 mai dernier, supprime l’obligation faite aux employeurs de déposer le règlement intérieur auprès du Conseil de prud’hommes dont dépend l’entreprise. Un décret devrait intervenir prochainement pour supprimer l’article R. 1321-2

Lire la suite
Back to top

Inscription
aux Matinées Actualités